L’ascension du rocher se réalise en moins de 10 minutes et se termine sur la merveilleuse façade polychrome qui selon Mérimée est « une espèce de petit bijou d’architecture ».
Les décors sculptés se situent entre des frises de losanges de marbre et de brique, de grès et de basalte unis par des joints à la chaux teintés en rose
La porte de la chapelle s’ouvre sous un arc trilobé, décoré de rinceaux qui lui donnent un caractère oriental. L’ensemble est supporté par deux petites colonnes aux chapiteaux et tailloirs sculptés. A droite deux diacres, reconnaissables à l’étole qui leur barre la poitrine. Ils tiennent dans les mains des fleurs des lys, symboles de pureté et de vie. Dans le chapiteau de gauche des aigles prêts à s’envoler vers les sommets.
Pour décorer l’arc trilobé l’artiste est allé puisser son inspiration dans l’Apocalypse de St Jean et dans la Genèse. Il a sculpté au centre présenté par deux anges l’ « Agneau de Dieu », le Christ Rédempteur, entouré de huit vieillards qui lui offrent, dans leurs mains voilées, les coupes d’or remplies de ce parfum que sont pour Dieu les prières des hommes. L’ensemble est présenté entouré d’une décoration de rinceaux de feuillages chargés d’oiseaux, et de deux personnages humains tirés par le démon. Le sculpteur a pris son inspiration dans la Genèse, évoquant la création et la chute de l’homme.
Au dessus du linteau, une archivolte décorée également de rinceaux sortant de la bouche de deux têtes humaines renversées. Au-dessus de ces têtes, de part et d’autre on distingue encore des oiseaux becquetant une grappe : c’est maintenant l’image de la création, renouvelée par la rédemption, prête à trouver sa place dans la Jérusalem céleste où le Christ va l’introduire.
Une corniche sculptée surmonte ce premier ensemble et divise la façade en deux niveaux. En haut, cinq bas-reliefs sculptés sous des arcs soutenus par quatre mains ouvertes. Au centre, le Christ qui bénit. A sa droite la Vierge Marie et St Jean, à sa gauche St Michel et St Pierre reconnaissable à ses clefs.
Un oculus ou un œil de bœuf en dessous légèrement décentré éclaire la tribune.
Le linteau de la porte nous montre une sirène à queue de serpent et une sirène à queue de poisson –copie réalisée au 19ème Siècle - .
De chaque côté de la porte deux bêtes monstrueuses sortent de la chapelle et représentent le mal terrassé par St Michel